La semaine dernière, un colloque réunissait plusieurs chercheurs à l’occasion des cinquante ans de la création de la revue québécoise Parti Pris. Il s’agissait d’examiner l’impact et la signification historiques d’une revue politique qui, de 1963 à 1968, défendit l’indépendance politique et culturelle du Québec, le socialisme et la laïcité, et ce à l’intérieur d’une province encore largement catholique. Parti Pris fut en effet l’une des chevilles ouvrières, et dès lors un symbole historique, de la Révolution tranquille. Est-ce à dire que ses animateurs avaient complètement tourné le dos à la culture catholique dans laquelle ils avaient grandi ? La question a fait irruption lors du colloque et provoqué un vif débat. Pour certains, supposer un substrat catholique dans le discours d’hommes qui ont reçu le label d’intellectuels conduit à discréditer ce statut. La controverse est évidemment galvanisée par la polémique actuelle sur la Charte des valeurs québécoises.