Vendredi 04 décembre 2020

L’islam reste en France — et plus que jamais — un objet religieux et social difficilement « lisible ». Quant aux Français musulmans, ils sont travaillés par des forces contradictoires, à la fois centrifuges et centripètes, et globalement dominés par un tropisme conservateur — sans exagérer outre mesure la menace que ferait peser la visibilité religieuse de l’idéologie islamiste sur les autres courants religieux de l'islam, dans l’espace public ou les institutions sociales. Le fait islamique pose néanmoins un défi singulier à la laïcité française, affectant sa tension constitutive entre « acception libérale » et « acception combative ». C’est la raison pour laquelle il importe de traiter la question de l’islam de France sous le double point de vue de la philosophie morale et de la sociologie politique, en vue de comprendre les dessous de la polarisation des positions qu’il provoque. Aussi, le but de la présente étude est de tenter, à partir de la problématique générale de la laïcité, de jeter un nouvel éclairage sur la situation de l’islam de France, en identifiant et en distinguant pour ce faire ses principaux déterminants et les difficultés de son traitement par le politique.

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Le philosophe Abdennour Bidar, chercheur associé à l’École pratique des hautes Études (EPHE, Paris), a présenté la leçon inaugurale lors de la séance académique de rentrée 2020–2021 du Centre interdisciplinaire d’Étude des Religions et de la Laïcité à l'Université libre de Bruxelles. Auteur notamment de "La construction de la pensée religieuse en islam" (Gallimard, 2020), Abdennour Bidar a consacré sa leçon à ce réformateur de l’islam qu'est Mohammed Iqbal, figure majeure du monde musulman dans le sous-continent indien. Initialement prévue pour un public nombreux, cette leçon a en raison des circonstances sanitaires été présentée devant une assistance volontairement réduite, mais diffusée en direct par vidéoconférence — c'est l'enregistrement de ce direct qui vous est proposé ici, ce qui explique sa qualité technique relativement réduite.

 

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La pandémie de coronavirus a été l’événement majeur de ce premier semestre 2020, sur la totalité de la planète. Elle a, on l’imagine, fortement affecté aussi l’exercice du religieux. L’Observatoire des Religions et de la Laïcité de l’Université libre de Bruxelles s’attache, dans le présent rapport, à faire l’inventaire des enjeux qui en découlent : qu’il s’agisse des réactions religieuses face à la crise du coronavirus, de l’usage de l’argument religieux par certains politiques dans leur gestion de cette crise, de la manière dont les relations entre l’État et les cultes ont été affectées par la crise, ou de la façon dont les religions se sont accommodées de la situation et ont été puiser dans leurs ressources internes pour s’y adapter, notamment en matière de perpétuation de la pratique religieuse. C’est l’ensemble de ces questions qui est balayé ici en un panorama d’un peu plus de cinquante pages.

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La pandémie de coronavirus a été l’événement majeur de ce premier semestre 2020, sur la totalité de la planète. Elle a, on l’imagine, fortement affecté aussi l’exercice du religieux. L’Observatoire des Religions et de la Laïcité de l’Université libre de Bruxelles s’attache, dans le présent rapport, à faire l’inventaire des enjeux qui en découlent : qu’il s’agisse des réactions religieuses face à la crise du coronavirus, de l’usage de l’argument religieux par certains politiques dans leur gestion de cette crise, de la manière dont les relations entre l’État et les cultes ont été affectées par la crise, ou de la façon dont les religions se sont accommodées de la situation et ont été puiser dans leurs ressources internes pour s’y adapter, notamment en matière de perpétuation de la pratique religieuse. C’est l’ensemble de ces questions qui est balayé ici en un panorama d’un peu plus de cinquante pages.

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En Inde, un régime ethnique visant à asseoir la suprématie des hindous s’est progressivement implanté et les mesures discriminatoires contre les musulmans se multiplient : révocation unilatérale de l’article 370 de la Constitution qui garantissait l’autonomie du Cachemire, peuplé d’une majorité de musulmans, et rétrogradation de cet État fédéré en territoire de l’Union ; décision de construction d’un temple hindou à Ayodhya, à la place d’une mosquée ; adoption d’une loi sur la nationalité qui attribue la nationalité indienne, sur la base d’une persécution religieuse dans le pays d’origine, à tous les croyants entrés en Inde avant 2015, et ce à l’exception des musulmans… C’est l’occasion de s’interroger sur l’avenir du sécularisme qui, depuis l’indépendance en 1947, constituait un signe distinctif de l’identité indienne, et sur le nationalisme actuellement promu par le Parti du Peuple indien (BJP), dans ce pays multi-religieux de près d’un milliard trois cents mille habitants.

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Depuis les années 2000, les travaux sur les liens entre médias et religions ont conclu à une augmentation de la visibilité du religieux dans les médias d’information, à coup sûr en raison du fait que la religion est lue et vécue par les journalistes et les élites intellectuelles comme un vecteur de changements sociologiques majeurs. Si toutes les religions sont soumises aux cadrages journalistiques — que leurs représentants cherchent souvent à influencer — et à la difficulté pour les journalistes de savoir ce qu’il est opportun de dire et de montrer des idées, des pratiques ou des signes perçus comme religieux, on sait que la couverture médiatique de l’islam en Europe revêt des caractéristiques particulières depuis la Révolution iranienne, les attentats du 11 septembre 2001 et les multiples controverses et débats qui ont lieu dans le champ du politique.

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mercredi, 13 novembre 2019 15:36

Islam et enjeux du numérique

Parmi les idées reçues qui mériteraient d’être revisitées, il y a l’idée selon laquelle les religions institutionnelles, dont l’islam, seraient entièrement involutives, c’est-à-dire qu’elles aspireraient à un retour complet vers le passé. Si l’on définit (succinctement) la modernité comme une confiance en un avenir piloté par l’idée de progrès, on peut penser que les religions institutionnelles seraient intrinsèquement réfractaires au monde moderne.

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Au Liban, le fait religieux n’est jamais du simple ressort de la sphère privée. L’assignation identitaire confessionnelle est en effet imposée aux individus dès leur naissance. Parallèlement, le repli confessionnel territorial opéré durant les années de la guerre civile (1975-1990) s’est poursuivi dans la période d’après-guerre. Récemment, ce phénomène s’est accéléré avec l’aggravation des conflits régionaux (la guerre en Syrie et au Yémen, le conflit irano-golfique) qui, en prenant l’aspect d’une lutte identitaire de type confessionnel, ont eu des répercussions sur la scène intérieure libanaise. Celles-ci se traduisent notamment par la prolifération accentuée d’idéaux confessionnels et le durcissement de l’identité religieuse, et ce dans une atmosphère de rivalité permanente entre communautés.

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jeudi, 07 mars 2019 07:07

L’imamat féminin

En France, la question de « l'imamat féminin » est discutée depuis l'annonce, début janvier 2019, du projet d’une islamologue, Kahina Bahloul, et d’un journaliste, Faker Korchane, de fonder une mosquée inclusive où la prière serait dirigée alternativement par une femme et un homme. Ce qui est encore un projet en France, à savoir de permettre aux femmes d'assumer le rôle d’imam et de diriger hommes et femmes dans la prière, est pourtant déjà une réalité dans d'autres pays.

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Il y a quarante ans, les Iraniens mettaient un terme à une longue tradition impériale avant de se doter d’un système politique basé sur une idéologie : le velayat-e faqih, à savoir « la tutelle du juriste-théologien ». Cette idéologie fait du guide suprême religieux la pierre angulaire du régime. Pour autant, ni la révolution ni l’instauration postrévolutionnaire d’un chiisme institutionnel ne saurait valider la thèse – comme celle de Peter L. Berger (The Desecularization of the World, 1999) – consistant à voir dans le retour religieux sur la scène politique un phénomène de « dé-sécularisation ». En fait, l’Iran chiite, en rompant avec la politique du Shah a mis un terme à un type de sécularisation : celui du modèle occidental visant un rabattement du religieux dans la sphère privée, voire un effacement du religieux au profit d’une considération de la raison comme nouvelle source de toute norme.

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