Mercredi 30 novembre 2022

L’Eglise orthodoxe a décidé au début des années soixante d’organiser la tenue d’un concile panorthodoxe afin de régler un certain nombre de problèmes qui se posent à l’intérieur de la communion. Mais le monde a changé depuis lors. La chute du communisme a recomposé le paysage religieux en Europe orientale et dans les Balkans. Les enjeux de ce concile sont certes fondamentaux, voire « historiques », pour l’avenir de l’orthodoxie, mais les difficultés demeurent nombreuses.

La question de la place des signes religieux musulmans dans l’espace public est posée de façon récurrente – et souvent polémique – ces dernières années en Europe, particulièrement en France. Aux yeux de certains, la réitération de ces débats confirmerait l’antinomie supposée du couple « islam et laïcité ». Pourtant, au même moment, les discussions exacerbées de l’assemblée constituante tunisienne autour du terme de laïcité et les questions similaires soulevées en Egypte après la chute de Hosni Moubarak, où le terme « Etat civil » (al-dawla al-madaniyya) a été aussi l’un des thèmes discutés, montrent à quel point la question de la place du religieux dans la sphère politique de certains Etats majoritairement musulmans n’est ni éludée ni réglée. Les débats ainsi mis au jour ébranlent le cliché de l’incompatibilité entre islam et laïcité, tout aussi tenace que celui du despotisme oriental. Une enquête historique, dans le temps long, sur la variété des rapports entre les musulmans et la laïcité dans toutes ses formulations permet de relativiser le caractère inédit des débats actuels et de prendre de la distance par rapport à une actualité dramatisée et aux clichés qu’elle véhicule.

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La presse a récemment mis en évidence le rapport annuel 2013 sur l’islamophobie de la plate-forme Muslim’s Rights Belgium, deuxième évaluation de cette instance à présenter un recensement des faits considérés comme islamophobes qui se sont produits en Belgique durant l’année écoulée. Fondé sur les témoignages de citoyens qui s’estiment discriminés en raison de leurs convictions religieuses ou de leur appartenance, réelle ou supposée, à l’islam, ce rapport vise à alerter les décideurs, les media ainsi que les intervenants éducatifs et sociaux quant aux discriminations et violences liées à l’islamophobie.

La religion est loin de disparaître du monde des entreprises. C’est bien ce que viennent confirmer les actualités les plus récentes. Elle y fait même un retour inattendu dont on peut repérer plusieurs formes. La pluralité religieuse favorisée par nos sociétés modernes se répercute sur le monde du travail et oblige déjà les entrepreneurs à s’interroger sur sa gestion. En Europe, la question essentielle est en réalité celle de l’encadrement des revendications musulmanes, dont certains chefs d’entreprises redoutent une visibilité (port du voile) et des exigences (jours de congés adaptés au calendrier religieux, voire mise à disposition d’une salle de prière) jugées trop affirmées.

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Alors que la polygamie est interdite aux Etats-Unis, en juillet 2011, la famille Brown, une famille mormone fondamentaliste polygame – composée de Kody, ses quatre épouses et leurs nombreux enfants –, a déposé plainte contre l’Etat d’Utah, l’accusant de violer ses droits à la vie privée. Rendue célèbre par la série de télé-réalité « Sister Wives », la famille Brown appuyait sa plainte non sur le Premier amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté religieuse, mais sur une décision de la Cour suprême (2003) contestant une loi du Texas interdisant… la sodomie. En décembre 2013, le juge fédéral Clark Waddoups a rendu un jugement en faveur de la famille Brown. En aucun cas le juge n’y affirme que la polygamie soit légale. Ce que le jugement remet en question, ce sont les lois spécifiques de l’Utah contre la cohabitation d’un homme et de plusieurs femmes, que le juge estime en violation avec le Premier amendement, mais aussi le Quatorzième amendement, qui affirme la nécessité de garantir l'égale protection de tous ceux qui se trouvent sur le territoire des Etats-Unis.

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La mésaventure qu'a connue le secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique Hervé Hasquin, qui a vu l'un de ses textes, relatif aux rapports entre islam et franc-maçonnerie, tronqué et dévoyé de manière éhontée par une revue pourtant réputée — en l'occurrence Arabies, le mensuel du monde arabe et de la francophonie — offre l'occasion de revenir sur la thématique traitée, et qui manifestement continue de susciter un certain malaise chez d'aucuns. En consacrant un petit ouvrage à la question de l’attitude des pays d’islam à l’égard de la franc-maçonnerie, et ce dans la belle collection de poche qu’il a suscitée à l'Académie, son secrétaire perpétuel Hervé Hasquin innovait en effet doublement. D’une part il propose une synthèse originale relative aux rapports difficiles entre islam et franc-maçonnerie. Dans le même temps, il montre que contrairement aux idées reçues, c’est bien plus le défaut de démocratie que la haine religieuse qui a dans les pays de culture musulmane creusé le lit de l’acharnement à l’égard de la maçonnerie et des principes qu’elle symbolise et véhicule.

ORELA s’était fait l’écho des prémisses du débat européen sur la circoncision, et ce dès la publication de l’arrêt du tribunal de Grande Instance de Cologne, en juin 2012, qui statuait que « le corps d’une enfant était modifié durablement et de manière irréparable par la circoncision », une modification « contraire à l’intérêt de l’enfant, qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse ». Cet arrêt, on s’en souvient, avait créé une situation jurisprudentielle inédite en Allemagne, interdisant alors de facto toute intervention de ce type en offrant pour la première fois une base légale à toute appréciation en la matière.

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